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Livre et auteurDescription
CORPS TRANS CORPS QUEER
Karine Espineira, Maud-Yeuse Thomas, Arnaud Alessandrin
trans queer genre
Pour cette troisième édition, l’O.D.T. interroge la production et les figures queer dans les arts musicaux, littéraires, cinématographiques et plastiques. En posant son regard au-delà des frontières géographiques et genrées, cette somme d’articles tend à démontrer qu’il existe, dans la culture, des supports à l’élaboration d’une politique inclusive et non discriminante à l’égard de la diversité de genre.
Écrire l’histoire des sexualités Jeffrey WEEKS
Si l’histoire de la sexualité est apparue avec celle des mentalités dans les années 1960, l’histoire des sexualités minoritaires a pris son envol dans les années 1970. Féminisme et militantisme LGBT, combats politiques et débats scientifiques ont profondément transformé la société et avec elle le regard porté sur le passé, le présent et l’avenir des rapports de sexe et de genre.
Dans ce livre, Jeffrey Weeks, auteur majeur du champ, décrit de façon claire et systématique les évolutions récentes de l’histoire des sexualités et en expose les enjeux actuels. Opposé à tout déterminisme biologique, il passe en revue les principales approches de l’historiographie anglo-saxonne et internationale, tant mainstream que queer, LGBT, féministe ou postcoloniale.
La traduction française de ce livre est un guide indispensable dans les méandres des débats contemporains.
Encyclopédie critique du genre Juliette RENNES
« Désir(s) », « Mondialisation », « Nudité », « Race », « Voix»…
Les soixante-six textes thématiques de cette encyclopédie explorent les reconfigurations en cours des études de genre.
Trois axes transversaux organisent cette enquête collective : le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Dans les activités familiales, sportives, professionnelles, artistiques ou religieuses, les usages du corps constituent désormais un terrain privilégié pour appréhender les normes et les rapports de genre. Les pratiques érotiques que les sociétés, à travers l’histoire, ont catégorisées comme normales ou déviantes occupent quant à elles une place inédite pour éclairer les articulations entre hiérarchies des sexes et des sexualités. Enfin, les inégalités liées au genre sont de plus en plus envisagées en relation avec celles liées à la classe sociale, la couleur de peau, l’apparence physique, la santé ou encore l’âge. Cette approche multidimensionnelle des rapports sociaux a transformé radicalement les manières de penser la domination au sein des recherches sur le genre.
En analysant les concepts, les enquêtes empiriques et les débats caractéristiques de ces transformations saillantes, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage dessinent une cartographie critique des études de genre en ce début de XXIe siècle.
HOMO question sociale & question sexuelle de 1864 à nos jours
Gilles DAUVE
Naguère, les êtres de même sexe qui entretenaient des relations amoureuses risquaient la condamnation, voire la mort.
Mais la question de leurs pratiques ne se traduisait pas socialement. Le xixe siècle n’a pas seulement inventé le mot « homosexuel »,
il a aussi créé « l’homosexualité » comme catégorie médicale et juridique, comme identité.
Ce livre explore la façon dont la « question homosexuelle » s’est constituée en lien avec l’extension des rapports capitalistes,
de la formation de la catégorie à sa consécration, de l’Allemagne de Weimar aux usines de Buffalo,
des écrits de Patricia Highsmith à ceux de Mario Miéli. À horizon : la possibilité d’un autre monde où
l’on serait humain sans se classer en homo, hétéro – sans que des pratiques sexuelles ne définissent une identité.
Immersion en misogynie Filles, femmes et autres donzelles à travers le fait divers
Martin Monestier
Depuis l’antiquité la plus reculée, des générations de personnages illustres, d’intellectuels et autres fins esprits de tout acabit, dont la hiérarchie ecclésiastique, ont délivré pis que pendre sur les femmes. Citons en désordre : Colette, de Gaulle, Baudelaire, Milton, Voltaire, Nietzsche, Cocteau, Richelieu, Montaigne, Napoléon, Vigny, Freud, Balzac, et des centaines d’autres… Pour eux tous comme pour nous-mêmes, les femmes seraient des êtres inférieurs, intrinsèquement faibles, narcissiques, néfastes, menteuses, bavardes, rusées, légères, perfides et dissimulatrices si nécessaire. Loin de rougir de ses travers, cette moitié du genre humain en fait souvent gloire, ce qui la rend très dangereuse.
Tout cela n’est qu’une affaire d’opinion, objectent les lobbies féministes. Toutes les bassesses qu’on leur prête ne seraient que des partis pris d’hommes martyrisés par les violences et les trahisons d’une épouse ou d’une maîtresse délaissée ? Certes, mais pas seulement. Des milliers de faits divers, les plus souvent cruels, révoltants ou insolites, affichent les spectres particuliers de la femme au quotidien.
Celle-ci échange son enfant de 5 mois contre un chien ; celle-là, institutrice mère de quatre enfants, débauche un de ses élèves de 14 ans ; cette autre encore accouche huit fois en cachette et enterre les nouveau-nés dans son jardin ; une Américaine, sur conseil de son gourou, introduit un os de poulet dans son vagin pour tomber enceinte, etc.
Les faits divers « féminins » sont la sève de la misogynie, mot magnifique qui élève les hommes et les protège de l’ineffable égalité des sexes.
La salope éthique Guide pratique pour des relations libres sereines Dossie Easton, Janet W. Hardy
“Salope, oui……mais éthique !”
Mais quelle était donc cette créature singulière ?
Quelle est cette salope autoprocla- mée et de surcroît dotée d’un sens éthique ?
Héritière du libertinage et de l’amour libre, La Salope Éthique, fait l’apologie du « polyamour » sans pour autant invalider la monogamie.
« Polyamour » ? Vous voulez dire « polygamie » ? Pas tout à fait. Pour expliquer le polyamour, il ne suffit pas de prétendre à un libertinage, il faut aussi respecter certaines valeurs : consentement et consensualité, limites personnelles claires et précises, respect de ces limites ainsi que de celles d’autrui, communication honnête, désir de garantir le bien-être de l’ensemble des partenaires…
Tous ces principes ne sont pas évidents à mettre en place et
c’est la raison d’être de ce livre : expliquer à chacun comment gérer et vivre pleinement et harmonieusement des relations polyamoureuses.
Dossie Easton et Janet W. Hardy nous offrent avec cet ouvrage une magnifique boîte à outils relationnelle. Se libérer de la jalousie, gérer des disputes équitables,
des conflits constructifs, des ruptures sereines, tout en baignant dans une abondance d’amour et d’amitié… Voici un échantillon de ce qui devient possible aux “”salopes éthiques””. Un guide de vie qui concerne tout le monde au-delà du sexe, du genre et de la sexualité !
La Sexualité Cours donné à l’université de Clermont-Ferrand suivi de Le Discours de la sexualité. Cours donné à l’université de Vincennes Michel Foucault
Michel Foucault avait engagé le projet d’une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu’ici inédits.
Le premier, donné à Clermont-Ferrand en 1964, s’interroge sur les conditions d’apparition, en Occident, d’une conscience problématique et d’une expérience tragique de la sexualité, ainsi que de savoirs qui la prennent pour objet. Partant d’une réflexion sur l’évolution du statut des femmes et du droit du mariage, ce cours aborde l’ensemble des savoirs sur la sexualité, de la biologie ou l’éthologie à la psychanalyse.
Le second, donné à Vincennes en 1969, prolonge en même temps qu’il déplace ces interrogations. Foucault s’y intéresse en détail à l’émergence d’un savoir biologique sur la sexualité et à la manière dont celle-ci a été investie dans un ensemble d’utopies au long des XIXe et XXe siècles : utopies transgressives de Sade à Histoire d’O., utopies intégratives, visant à réconcilier la société et la nature sexuelle de l’Homme, de Fourier à Marcuse. C’est l’occasion pour Foucault d’approfondir sa généalogie critique du double thème de la sexualité naturelle et de la libération sexuelle, engagée dès 1964 mais qui prend d’autant plus de sens après Mai 1968.
Ces cours sont deux jalons essentiels pour une archéologie de la sexualité comme expérience moderne. On y découvre un Foucault qui n’hésite pas à faire jouer les données biologiques sur la sexualité contre une certaine conception étriquée du sujet humain ; un Foucault attentif à maintenir le potentiel transgressif contenu dans l’expérience sexuelle et à analyser les conditions économiques, sociales et épistémologiques de sa constitution récente en objet de savoir et en enjeu politique.
Le corps des femmes Madeleine Chapsal
Bras nus, épaules et naissance des seins à découvert, croupes dans des jupes, des shorts, des jeans ultraserrés, le nudisme féminin se répand. Que ce soit dans les rues, les lieux publics, les magazines, sur les écrans où animatrices, présentatrices, invitées se dénudent sans réserve, quels que soient leur âge ou la saison.
Alors que les hommes, eux, restent normalement couverts.
Face à cette différence de comportement, l’idée a fondu sur moi : le corps des femmes appartient toujours aux hommes !
Lesquels l’utilisent, ce corps, l’agressent, l’exploitent, le dominent depuis des millénaires.
La libération des femmes ne serait-elle qu’un leurre ?
Le destin des femmes et l’école Manuels d’histoire et société
Denise GUILLAUME
Malgré les déclarations de principe, la notion d’égalité entre les femmes et les hommes semble difficile à mettre en pratique. Elle se heurte à des traditions, à des préjugés auxquels n’échappe pas le système éducatif.
Pour mettre au jour le rôle de l’institution scolaire, l’auteur a exploré les manuels d’Histoire de l’école élémentaire et les instructions officielles qu’ils observent depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Dans ces manuels, la dénégation du rôle des femmes, tant au travail que sur la scène politique, est plus fréquente que sa reconnaissance. A l’insu peut-être de leurs auteurs, les représentations des femmes dans l’histoire nationale offrent aux écolières des modèles identificatoires dessinant le destin qui leur est assigné dans la société.
Denise Guillaume a recherché l’articulation de l’évolution du contenu de ces livres avec celle de l’enseignement de l’Histoire et les positions idéologiques de partis, de syndicats, de revues pédagogiques. Elle conclut par des propositions pour une histoire des femmes à l’école. Mais jusqu’où s’engagera l’institution scolaire en faveur d’une cohabitation égalitaire dans la Cité ?
Cette étude permet de mieux voir le chemin qui reste à parcourir.
Le langage inclusif : pourquoi, comment
Éliane Viennot
“On ne nait pas femme, on la devient.”
Telle est la phrase que Simone de Beauvoir aurait écrite si, fille de l’école, elle n’avait assimilé les règles concoctées à partir du xVI siècle pour donner au “genre le plus noble” la place qu’il occupe aujourd’hui dans la langue française. Contestée dès l’origine, longtemps négligée, imposée pour finir par des institutions puissantes, cette entreprise a commencé d’être démantelée dans les pays francophones depuis une quarantaine d’années. Petit à petit, d’une controverse à l’autre – et elles sont particulièrement vives en France -, la démasculinisation du français a ainsi fait des progrès notables: les titres de “chancelière” ou de “présidente du conseil”, les mots “pharmacienne”, “autrice”, “compositrice” ont à nouveau droit de cité dans la langue.
Le travail se poursuit désormais plus largement avec le langage inclusif, qui intègre des exigences propres au temps présent, visant à réaliser l’égalité entre tous les êtres humains. Ce livre donne à la fois les bonnes raisons d’approfondir cet effort, et les moyens simples qui sont à notre portée pour le soutenir.
Sacrée “papesse de l’écriture inclusive” par Le Figaro et “Péril pour Im mortel·les” par Libération à l’automne 2017, Éliane Viennot est professeuse émérite de littérature française de la Renaissance et membre de l’Institut universitaire de France. Spécialiste de Marguerite de Valois et d’autres femmes d’Etat de la Renaissance, elle s’intéresse plus largement aux relations de pouvoir entre les sexes et à leur traitement historiographique sur la longue durée.
Le Temps des femmes pour un nouveau partage des rôles Dominique Méda
Les femmes travaillent toujours davantage ; elles veulent obtenir l’égalité professionnelle, mais plus encore : du temps pour leur travail, pour leurs enfants, pour leur conjoint, pour elles.
Face à cette révolution qui s’est faite sans crier gare, notre société ne s’est pas adaptée. Nos structures sociales et nos conceptions traditionnelles du partage des rôles sont restées les mêmes, nos mentalités ont peu évolué, nos institutions n’ont pas été réformées. Pour aider les femmes dans cette évolution essentielle, il aurait fallu déspécialiser les rôles – c’est-à-dire admettre que, si les hommes et les femmes travaillent, alors les tâches parentales, les activités de soins et les tâches ménagères incombent également aux deux sexes -, et reconstruire l’ensemble de nos institutions sociales.
Nous ne l’avons pas fait. L’habit craque de partout. Il faut cesser de le rapiécer et passer à une autre étape. Aujourd’hui, sous la pression de la Commission européenne et des pays du Nord, dans la dynamique ouverte par la parité politique, les revendications osent s’organiser. Il nous faut revoir profondément les rôles, impliquer les hommes dans la prise en charge des enfants, repenser l’organisation du travail dans les entreprises et dans la fonction publique, reconnaître que les ” activités de soins ” sont une richesse pour notre pays.
Cette révolution-là est à notre portée, tous les éléments sont réunis pour la mener avec sérénité.
Lesbiennes de l’immigration : Construction de soi et relations familiales Salima AMARI
Issu d’une thèse, traite de la question du lesbianisme dans un contexte migratoire et post-migratoire en France. Comment les rapports sociaux de sexe, de race, et de classe influencent-ils la construction sociale du lesbianisme ? Quel est le processus par lequel ces femmes construisent des parcours lesbiens dans un contexte migratoire et post-migratoire ? Pour l’auteure, ces lesbiennes agissent sur deux fronts : ce qui relève de la construction de soi d’une part et ce qui concerne la gestion de leurs relations familiales qu’elles tentent souvent de préserver, d’autre part. Interroger scientifiquement les questions de genre et de sexualité n’est pas sans conséquences sur les débats politiques. Lorsque ces interrogations concernent le groupe social des “immigrés musulmans”, la vigilance intellectuelle doit être renforcée. En effet, il est indispensable de garder un regard socio-historique critique sur les différentes catégorisations en matière de genre et de sexualité. Il ne doit être ni culturaliste, ni ethnocentré, ni androcentré. Au terme de son travail de recherche, l’auteure conclut face aux contraintes socio- familiales hétéronormatives, de nombreuses lesbiennes maghrébines migrantes et d’ascendance maghrébine privilégient les loyautés filiales et familiales tout en continuant à vivre leurs vies affectives et sexuelles lesbiennes. Comment les lesbiennes maghrébines migrantes et d’ascendance maghrébine se saisissent-elles de ces “nouvelles problématiques” en France ?
Marqués du triangle rose Ken SETTERINGTON
Avant les années 1930, l’Allemagne, et en particulier sa capitale, Berlin, était l’un des endroits les plus tolérants envers les homosexuels. Des militants comme Thomas Mann et Albert Einstein ont ouvertement milité pour les droits des gais. Mais tout cela change quand le Parti nazi arrive au pouvoir. La vie des homosexuels devient alors rapidement un enfer : raids, arrestations, emprisonnement et expulsions deviennent monnaie courante. Lorsque les camps de concentration sont construits, les homosexuels sont emprisonnés en même temps que les autres groupes que les nazis veulent supprimer. Le triangle rose, cousu sur les uniformes des camps, devient ainsi le symbole de la persécution des homosexuels, une persécution qui continuera pendant de nombreuses années après la guerre.
Ken Setterington relate ces événements à travers un mélange de recher­ches historiques, de témoignages et de récits individuels, avec l’espoir que ces histoires de bravoure devant la cruauté et d’amitiés trouvées dans les profondeurs du désespoir sauront à la fois éduquer et inspirer les futures générations.
Masculin/féminin I : La pensée de la différence Françoise Héritier
La différence des sexes structure la pensée humaine puisqu’elle en commande les deux concepts primordiaux : l’identique et le différent. La manière dont chaque culture construit cette différence met en branle toute sa conception du monde, sa sociologie et sa biologie, comme sa cosmologie. Changer le rapport du masculin et du féminin, c’est bouleverser nos ressorts intellectuels les plus profonds, élaborés au fil des millénaires. En démontant les mécanismes de la différence, ce livre offre des solutions pour parvenir à l’égalité.
Race d’Ep ! Un siècle d’images de l’homosexualité
Guy HOCQUENGHEM
Je descendais une rue perdue, dans un quartier périphérique, à la recherche d’une pissotière mal famée. Sous un pont, deux loubards attendaient, adossés à leurs motos. Et quand je suis passé, ils m’ont crié, pas méchamment : « Race D’Ep ! » Comme j’étais ivre, il m’a fallu quelque temps pour comprendre. Les invertis ne parlent pas verlan. Race d’Ep, pour pédéraste. Un instant, j’avais senti flotter l’ombre d’une autre race. Ce cri, je l’avais moins senti comme une insulte que comme l’évidence résumée de mon appartenance à un autre monde, à une autre Histoire. Une histoire pas si vieille : née il y a un siècle, et dont les débuts pourraient encore être contés par des vivants. Naissance d’une nouvelle identité, devenue en cent ans une quasi-nature. Ils apparaissent un peu avant le tournant du XXe siècle, mutants des arts de l’image et des sciences médicales, se découvrant peu à peu à travers leurs représentations comme une espèce particulière. Entre les guerres, dans les convulsions de l’Allemagne pré-concentrationnaire, ils prolifèrent comme du chiendent, construisant leur propre destin jusqu’à former une nouvelle définition de l’être humain, un peuple dispersé. Un peuple sans mémoire, oublieux aussitôt des expériences vécues et des exterminations. Une conscience d’être autre qui n’est pas éternelle, mais n’est pas née non plus dans la Libération américaine des années soixante, qui a eu il y a un demi-siècle son âge d’or, continent perdu effacé par le bain de sang totalitaire. » C’est cette histoire inconnue que ce livre, écrit en 1979, veut rendre visible au travers des images qu’elle a créées. La Race d’Ep.
Rapport sur l’homophobie 2019
SOS homophobie
L’année 2019 voit paraître la 23e édition du Rapport sur l’homophobie et marque les 25 ans de SOS homophobie. Ce quart de siècle de militantisme pour l’égalité des droits n’a pas permis d’éradiquer les violences envers les lesbiennes, gays, bi·e·s, trans et intersexes. Une fois de plus, ce rapport se fait l’écho de l’intolérance, du rejet et de la haine envers les personnes LGBT+.
2018 a été une année noire.
SOS homophobie a recueilli 1 905 témoignages, soit une augmentation de 15 % par rapport aux données de 2017. L’accroissement du nombre d’actes LGBTphobes signalés à notre association s’accompagne d’une hausse alarmante du nombre d’agressions physiques. Ces signalements ont dramatiquement progressé au dernier trimestre de l’année 2018, allant jusqu’à atteindre une agression physique par jour. Ces chiffres confirment la réalité des violences dont sont victimes les personnes LGBT+.
Autre fait marquant de cette année 2018 : l’augmentation spectaculaire des signalements d’actes lesbophobes. Les témoignages recueillis mettent en évidence les diverses formes d’agressions dont sont victimes les lesbiennes. Nous saluons le courage des victimes, qui désormais, brisent la loi du silence et osent témoigner. SOS homophobie reste plus que jamais mobilisée contre toutes les discriminations et violences LGBTphobes.
Résurgences, femmes en voie de resociabilisation
Sandrine REVEL
“Bordeaux, 2008, un groupe d’une douzaine de femmes
suit un stage de 8 mois destiné à faciliter leur réinsertion.
Sans emploi, souvent depuis des années, elles tentent
d’élaborer un projet professionnel, salariat ou même
création d’entreprise. Mais pour cela, il leur faut apprendre
à se vendre, donc à reprendre confiance en elles… mais
aussi à abandonner certaines illusions. Avec bienveillance et sensibilité, Sandrine Revel a accompagné ces femmes, les a apprivoisées, écoutées pour nous offrir ce saisissant témoignage.”
Sociologie des transidentités Arnaud ALLESSANDRIN
Les figures trans sont partout. Dans les clips, la mode, les séries, les faits divers… Pourtant, cette visibilité ne s’accompagne pas toujours d’une plus grande acceptation. Tour à tour caricaturé, psychiatrisé, dans le meilleur des cas ignoré, dans le pire rejeté, le fait transidentitaire pose problème. A l’image de l’homosexualité, les peurs et les tabous demeurent.
C’est sur la base de ce constat que ce livre propose un bilan des savoirs sur « les » questions trans, en insistant aussi sur les différents fronts, de l’espace médical à l’espace social, en passant par les arènes juridiques et scientifiques. Laissant de côté la question du « pourquoi » (« pourquoi est-on trans ? » ou « pourquoi le devient-on ? », l’auteur s’intéresse à la question du « comment », c’est-à-dire des logiques sociales à l’oeuvre dans les controverses transidentitaires. Arnaud Alessandrin est docteur en sociologie de l’université de Bordeaux où il enseigne la sociologie du genre et des discriminations. Il est l’auteur de nombreux livres et articles sur le sujet des transidentités, du genre et des homophobies dont Géographie des homophobies avec Y. Raibaud (Armand Colin) et La transyclopédie avec K. Espineira et M-Y. Thomas (des ailes sur un tracteur). Avec Johanna Dagorn, il dirige actuellement les Cahiers de la lutte contre les discriminations.
Stéréotypes et clichés : Langue, discours, société
Ruth AMOSSY, Anne HERSCHBERG PIERROT
Les notions de stéréotype, cliché, poncif, lieu commun, idée reçue, permettent d’étudier les interactions sociales, la relation des discours aux imaginaires sociaux et, plus largement, le rapport entre le langage et société. Pourquoi la question des évidences partagées, des représentations collectives, des automatismes de langage se trouve-t-elle au centre des réflexions contemporaines ? Dans quelle mesure les perspectives d’analyse des sciences sociales, des études littéraires et des sciences du langage peuvent-elles se recouper ?
Après avoir établi l’histoire des notions, le présent ouvrage montre comment le phénomène de la stéréotypie a été abordé par différentes disciplines : psychologie sociale, stylistique, sociocritique et théories de la lecture, sémantique, rhétorique et analyse du discours.
TABLEAU NOIR : LES TRANSIDENTITÉS ET L’ÉCOLE Karine Espineira, Maud-Yeuse Thomas, Arnaud Alessandrin
Pour cette quatrième édition, l’O.D.T. interroge les relations des transidentités à l’école. Comment celle-ci se comporte à leur égard ainsi qu’à l’égard de la diversité de genre ? De la France au Brésil, du Luxembourg au Canada, l’observation et l’analyse sont sans appel : l’effacement de la diversité de genre permet l’effacement des transidentités. Il s’ensuit ce ” tableau noir ” que cette somme d’articles explore et soumet à la lecture.
Trouble dans le genre, le féminisme et la subversion de l’identité Judith P. Butler
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Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux Etats-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d’une identité stable. Ce livre désormais classique pour les recherches sur le genre, aussi bien que les études gaies et lesbiennes, est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d’une contre-culture, mais bousculer l’hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s’agit pas d’inversion, mais de subversion. Judith Butler localise les failles qui manifestent à la marge le dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle soumet à la question les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d’inventer de nouvelles formations du sujet. La philosophe relit Michel Foucault, Sigmund Freud, Jacques Lacan et Claude Lévi-Strauss, mais aussi Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Julia Kristeva et Monique Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité – nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies.
Un appartement sur Uranus
Paul B. PRECIADO
Au XIX siècle, lorsque l’homosexualité est inventée comme crime et maladie mentale en Europe, l’écrivain Karl Heinrich Ulrich est le premier à se déclarer « uraniste » et à affirmer les droits de « ceux qui aiment différemment ». Après lui, Preciado refuse le protocole médico-légal de changement de sexe et entreprend un projet de transformation de son corps et de sa subjectivité via l’auto-administration de testostérone. Il relate cette traversée, ce devenir « homme-trans», au fil de chroniques dans Libération entamées comme Beatriz et poursuivies une fois devenu Paul.
Il y développe une philosophie politique dépassant les questions de sexualité et évoque des questions politico-sociales comme le devenir néo-fasciste en Europe, la crise grecque, les luttes zapatistes au Mexique, le conflit en Catalogne.
Car la dualité sexuelle et son l’épistémologie binaire sont le cadre général de nos sociétés «technopatriarcales et hétérocentrées». La masculinité s’y définit par le droit des hommes à donner la mort et la féminité par l’obligation des femmes à donner la vie. L’hétérosexualité est à la fois une politique du désir et un régime de gouvernement imposant un système de violence et de domination. Face à ce régime, la culture queer et trans est celle du l’expérimentation du genre et de la non-naturalisation des positions de pouvoir. Les corps sont équivalents, le pouvoir est redistribué.
En devenant Paul, Preciado, «dissident du système genre-genre », met en pratique la révolution sexuelle et politique qu’il appelle de ses vœux. Il propose ainsi une cartographie de technologies du pouvoir aussi bien qu’une guide des nouvelles stratégies de résistance à la norme.
Un savoir gai William MARX
Le sexe est chose mentale. Il colore notre vision du monde, il transforme la connaissance que nous en avons, et en partie même il la fonde. La sexualité implique un rapport spécifique au vrai, au beau, au bien, autrement dit, un savoir, une esthétique, une éthique, une politique.
Or, quand le désir change, la vision du monde en est changée. Que sait un gai sur le monde ? Quelle expérience en a-t-il ? Qu’en ignore-t-il ? Trois mille ans de littérature occidentale ont exploré l’intellect hétérosexuel et la vision du monde qui l’accompagne. Il est temps d’explorer une autre face, celle du savoir gai, celle de l’étrangement.
Il ne sera pas seulement question d’amour, de drague, de fantasmes, de pornographie et de taille du pénis, mais aussi de Platon, Vélasquez, Proust, Oshima et Cat Stevens, des chauffeurs de taxi, des colonies de vacances, du mariage pour tous, de la longévité des chats et des baleines bleues. De la vie érotique de l’auteur, et de celle de Jésus également. Bref, de la vie tout court.
Lecteur, tu en apprendras ici beaucoup sur l’homosexualité, sur l’hétérosexualité, mais d’abord et surtout sur toi-même. Tu es le sujet de ce livre, toi et ton désir.
Vers la plus QUEER des insurrections
Fray BAROQUE, Tegan EANELLI
Vers la plus queer des insurrections est la traduction en français de Queer Ultra Violence : Bash Back ! Anthology publié en 2011 par Ardent Press aux États-Unis, une anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back !, né en 2007, compilée par Fray Baroque et Tegan Eanelli. Les textes regroupés dans ce livre ont été écrits par une constellation d’individus et de groupes et adoptent une multitude d’approches : provocation, romantisme, nihilisme, détournements, réappropriation, références sans citations, humour, postures esthétiques… Autant de stratégies pour creuser des thèmes obsédants, tels que la lutte contre l’intégration aux normes hétérosexuelles, l’usage des identités, l’attaque du christianisme puritain, l’action directe, le rapport à la violence, la vengeance, la pratique des émeutes et autres moments corporels collectifs, la stylisation du corps, l’esthétique de soi, la criminalisation, les stratégies de survie au sein du capitalisme. Des discours qui arrivent comme une bouffée d’oxygène, à l’heure où le manque d’une critique radicale des orientations politiques LGBT (assimilationnisme, nationalisme, apathie face au libéralisme, valorisation des politiques punitives…) est suffoquant.
PMA et GPA
Caroline Mecary
Caroline Mécary - PMA et GPA.
Depuis le début des années 1970, les techniques de procréations médicalement assistées (PMA) ont donné lieu à une véritable révolution : il est aujourd’hui possible de fonder une famille sans sexualité, et même sans avoir aucun lien génétique (biologique) avec l’enfant. Longtemps laissé à la discrétion des médecins, l’accès à la PMA a été encadré depuis 1994 par le législateur, qui la réserve aux seuls couples hétérosexuels infertiles, excluant tout recours aux mères porteuses.
Ce cadre légal a été fixé il y a vingt-cinq ans, à une époque où les couples de femmes et d’hommes n’avaient pas accès au mariage civil et à l’adoption. Aujourd’hui, pour fonder une famille, ils se rendent à l’étranger. Ces parcours, par les conséquences juridiques qui en résultent, obligent à repenser le bien-fondé de la législation actuelle : les techniques de PMA doivent-elles être ouvertes à tous les couples ? Doit-on mettre fin à l’anonymat des dons de gamètes ? La PMA post mortem est-elle éthique ? Qu’en est-il dans les pays qui ont légalisé la GPA ? Doit-on la légaliser en France ? Et si oui, selon quel principe, quelle valeur, quel critère ?
Disposer de son corps : un droit encore a conquérir
Daniel Borrillo

Sommes-nous vraiment maîtres de nous-mêmes ?
Grâce aux progrès scientifiques et techniques, les nouveaux pouvoirs de l’humain sur lui-même et sur son destin biologique permettent à chacun et chacune d’entre nous de jouir de plus grandes possibilités dans la conduite de son existence. Cependant le droit français, loin d’accompagner cette émancipation, ne cesse de fabriquer des contraintes et des limites légales qui interdisent à la personne de devenir complètement maîtresse de sa destinée vitale. Partant des exemples tels que la GPA, la transsexualité, le suicide assisté mais aussi la prostitution et la pornographie, Daniel Borrillo démontre combien la lutte pour la disposition de son corps, pour laquelle se sont battues les féministes, demeure une liberté encore à conquérir. Une réflexion et une analyse passionnantes à partir d’exemples concrets relatifs à la vie, la mort, la sexualité et l’intimité qui démontrent que, aujourd’hui encore, nos corps restent des champs de bataille.
QUEER ZONES
LA TRILOGIE

Sam Bourcier
Queer Zones. La trilogie regroupe les trois volumes du même nom publiés entre 2000 et 2011, dont le désormais classique Queer Zones. Politique des identités et des savoirs, qui a impulsé la théorie et la politique queer en France. On y voit surgir au fil des pages la post-pornographie ainsi que des explorations politiques, théoriques et personnelles qui renouvellent le féminisme, les études de genre et la théorie du genre. S’y croisent Wittig et Foucault, Butler et Despentes, Deleuze-Guattari et Monika Treut, à l’ombre des subcultures et des subjectivités minoritaires, vivantes et dissidentes, proliférantes et militantes.
Mêlant, dans un style flamboyant, recherche et critique, chronique et polémique, Sam Bourcier construit un féminisme pro-sexe et biopolitique qui est une réflexion plus large sur les relations entre pouvoir et savoirs, corps et disciplines. Ars erotica, ars theorica, ars politica : la trilogie est l’indispensable boîte à outils de celles et ceux qui veulent sortir des cadres hétéro- et homo-normatifs, du musée de la différence sexuelle et de la binarité – en un mot, vivre et penser comme des queers.
Sam Bourcier : Activiste queer et sociologue, fondateur de l’association Le Zoo, Sam Bourcier enseigne à l’université de Lille III et à l’EHESS. Il a récemment publié Homo inc.orporated – Le triangle et la licorne qui pète aux éditions Cambourakis.
Un autre regard
Volume 1 ; 2 ; 3
Emma
Les vacances. De retour de congé maternité, Emma réalise que ses collègues la considéraient comme étant en vacances. Elle repense alors à son accouchement, à la douleur et à la fatigue qui s’en suivent. L’histoire de ma copine C. C. est enceinte et prépare son accouchement avec application. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et C. découvre la violence du monde médical. Check ta chatte. Un jour pas comme les autres, Emma décide de se saisir d’un miroir et de faire mieux connaissance avec son clitoris. Elle découvre alors qu’elle était bien mal renseignée. Un banlieusard parmi d’autres. Adama vit paisiblement dans la commune de Beaumont sur Oise. Le jour de ses 24 ans, il est interpellé par la gendarmerie. En revisitant avec beaucoup de justesse et d’engagement, des sujets tels que le sacro-saint instinct maternel, le baby blues, l’histoire du clitoris ou encore les réfugiés, elle parvient à remettre en question des vérités qui pouvaient paraître établies. Cette bande dessinée est aussi drôle que touchante et instructive. Ces histoires, partagées par beaucoup d’internautes au vu des 25 000 partages qu’affichent la plupart de ses publications Facebook, sortiront pour la première fois sous la forme de livre.  Emma a 36 ans, elle est ingénieure informaticienne, et dessine à ses heures perdues. Féministe et révolutionnaire, elle épluche la presse et s’intéresse aux petites histoires du quotidien. Elle recoupe ces récits avec l’actualité et les met en images pour leur donner un éclairage politique.
Archives des mouvements lgbt+
Antoine Idier
Première fresque historique sur la longue durée – 130 ans – portant sur l’ensemble des mouvements LGBT. Un rassemblement exceptionnel d’archives issues d’une quinzaine de fonds publics et privés. Des persécutions jusqu’aux premiers mariages homosexuels en passant par les années sida, Antoine Idier restitue l’ampleur des combats menés. De nombreux contributeurs et témoins incarnent la pluralité des points de vue, des mouvements, des générations.
Sexualité féminine
La libido génitale et son destin féminin
Françoise Dolto
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«Je souhaite intéresser ici les lecteurs au témoignage d’une femme sur les femmes. Sous le titre général de La libido génitale et son destin féminin, je vais essayer, dépouillant le mot destin de ses résonances fatales, magiques ou déterministes, de témoigner en femme, en mère et en psychanalyste pratiquant depuis plus de vingt ans des faits d’observation que j’ai pu glaner concernant la sexualité dans son développement chez les filles, ne retenant ici que les traits que j’ai pu rencontrer chez le plus grand nombre.»
À partir de cette expérience clinique très riche, Françoise Dolto explore le cheminement dynamique, de la naissance à la vieillesse, d’une libido au féminin, elle en suit les manifestations dans la vie érotique et passionnelle, dans la relation à l’autre et à la famille, déployant pour ce faire toutes les harmoniques du désir et de l’amour.
LA TRANSIDENTITÉ
De l’espace médiatique à l’espace public
Karine Espineira
C’est à partir de l’opération de Christine Jorgensen en 1952 au Danemark, que le fait qu’un homme puisse devenir une femme, après une intervention chirurgicale, entre dans l’esprit du grand public en raison de sa très forte médiatisation. L’analyse du traitement télévisuel de la transidentité, considérée comme expression la plus singulière de l’identité, est-elle susceptible de donner des outils de lectures sur la construction des normes de genre au-delà de la transidentité ?
TRANSIDENTITÉS : ORDRE & PANIQUE DE GENRE
Le réel et ses interprétations
Karine Espineira
Engagée dans une recherche sur le terrain transidentitaire, la chercheuse s’attache à croiser état des lieux du terrain associatif et militant trans avec l’histoire des définitions de la médecine légale, mettant à jour la politisation des groupes, les apports des nouveaux médias et les effets de la médiatisation sur les personnes transgenres. Cet ouvrage est complémentaire du titre Médiacultures: la transidentité en télévision, édité simultanément.
TRANSIDENTITÉS
Histoire d’une dépathologisation
Maud-Yeuse Thomas
Karine Espineira
Arnaud Alessandrin

L’Observatoire des transidentités (O.D.T.) est une interface de visibilité des questions trans, militantes comme universitaires. Voici des débats, des textes autour des thèmes liés aux questions transidentitaires. Ils proposent des éléments de représentations dépathologisants autour des transidentités et une réflexion transdisciplinaire sur les multiples formes que prennent aujourd’hui les identités de genre.
Identités intersexes : identités en débat
Maud-Yeuse Thomas
Karine Espineira
Arnaud Alessandrin


L’Observatoire des transidentités (O. D. T.) est une interface de visibilité des questions trans, militantes comme universitaires. Les contributeurs proposent des éléments de représentations dépathologisants autour des transidentités et une réflexion transdisciplinaire sur les multiples formes que prennent aujourd’hui les identités de genre. Ce second volume porte son attention sur la question intersexe et sur le(s) communautés LGBT.
FIST
Marco VIDAL
Fist - Marco VIDAL
Le XXe siècle aurait inscrit une seule innovation au répertoire des pratiques sexuelles : le fist fucking. Fallait-il en rester à cette doxa popularisée par nombre d’intellectuels et de chercheurs ? Combinant érudition historique, réflexions théoriques, récits à la première personne, quasi-poèmes en prose, Fist peut se lire au choix comme une apostille à Histoire de la sexualité de Michel Foucault ou comme un roman queer.
La singulière généalogie érotique qu’il nous propose s’ouvre sur des photographies de Robert Mapplethorpe et se clôt par une relecture du Cantique des cantiques. Entretemps, on aura visité Les Catacombes, mythique club privé du San Francisco des années 1970 ; relu Koltès, Sade, Homère, Ovide, Ronsard et Henry James ; croisé Amerifist, acteur star de ce sous-genre du cinéma porno ; compulsé des traités de médecine du XIXe siècle pour y découvrir d’étranges prescriptions ; passé des petites annonces sur des sites spécialisés ; fait quelques rencontres et pris rendez-vous chez un proctologue…
Réduire le fist fucking à la violence du « poing » est un contresens. Le plaisir civilise la main pour mieux réinvestir les puissances imaginaires du corps, dans une union improbable qui pourrait bien aussi s’appeler « amour ».
Martine se déguise
Gilbert Delahaye Marcel Marlier